A propos du « concordat » de 1804

ordo_ab_chaoLa lecture du « pseudo concordat » de 1804 ne peut se faire si l’on n’est pas au clair sur la signification du mot « Écosssais » dans les années 1740-1800.

Schématiquement, on peut dire qu’il désigne successivement, alternativement ou concomitamment, d’abord, un des plus anciens grades post-magistraux (Scot Masters, à Bath, en 1735), divers « hauts » grades européens continentaux ou sidde degrees anglo-saxons avec de nombreuses variantes, ensuite, l’ensemble des hauts grades de n’importe quel système et enfin la totalité d’un Rite pratiqué par une Mère Loge Écossaise, comme Saint Jean d’Ecosse, de Marseille.

Alors qui sont ces maçons français qui, sous le consulat, se revendiquent comme « Écossais » ?[1] Il s’agit d’un groupe composite dont le substrat est formé d’« irréductibles écossais ». Son principal représentant est l’éditeur du « Miroir de la Vérité, dédié à tous les Maçons » [2], Abraham Firmin (1753-1818) qui se targuait d’être « Chevalier de tous les Ordres maçonniques ». Dans le tome 3 du dit ouvrage, on trouve sa « Circulaire aux Maçons Écosssais » dans laquelle, tout en affirmant sa fidélité au GOdF (Grand Orient de France), il les invitait à conserver dans leurs ateliers « ce Rit précieux [Écossais] en ce qui concerne les hauts grades ». Cet appel intitulé « Israël, Israël, reviens au Seigneur » ne rencontra qu’un écho mitigé[3], mais suscita l’ire du GOdF, qui le 12 novembre 1802, dénonçait cette tentative fractionniste. Au demeurant, les arguments « idéologiques » étaient minces. La vraie question était la détention de l’autorité de l’Ordre en France que le GOdF ne voulait pas partager. Le 18 décembre, La Parfaite Union, sise à Douai, se sentant concernée par cette condamnation, répondit au GOdF. En février 1803, la loge parisienne, Les Élèves de Minerve, fit de même en publiant une lettre « A tous les maçons Écossais de France ». D’abord prudent, un autre atelier parisien, La Réunion des Étrangers », le 21 février 1803, exprima « sa persévérance à conserver le titre de Loge Écossaise ». D’autres mutins étaient-ils prêts à se joindre au mouvement ? Pour couper court à toute contestation, le GOdF publia le 10 juin 1803 une circulaire de réponse sur « Rit Écossais ». Cette guerre picrocholine des années 1802-1803 était, nolens volens, le dernier avatar d’un conflit qui opposait depuis les années 1770-1780, le GOdF et diverses Loges Mères Écossaises, lesquelles contestaient toute légitimité aux prétentions dudit GOdF. Pour sortir de cette impasse, des compromis avaient été élaborés sous l’Ancien Régime. Le « modèle » en était le « concordat » signé en 1781 entre le GOdF et la Mère Loge dite du Contrat Social. Par cet accord, la Mère Loge avait obtenu le droit, d’une part de créer des loges bleues hors de France, d’autre part d’autoriser des loges régulièrement agrégées au GOdF, à pratiquer les hauts grades de son « système », le Rite Écossais Philosophique [alchimique] dont le degré sommital était le grade de Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur. Inversement, la Mère Loge Écossaise dite de Marseille se refusera toujours à tout accord avec le GOdF.

En 1802-1803, quand on parle d’Écossais, on faisait référence à tout ou partie de ces divers systèmes « écossais » nés en France, dans les décennies 1740-1760, dans la tradition des Modernes[4]. Ainsi, la Parfaite Union de Douai, constituée par le GOdF en 1779, avec rang en 1777, s’était également affiliée au Souverain Chapitre de la Mère Loge du Rite Écossais Philosophique le 3 mars 1784, et même si ladite Mère Loge dite également du Contrat Social n’était point réveillée en 1802-1803, la loge de Douai se revendiquait de cette filiation d’où son entrée en résistance[5]. Au demeurant ce sera la « fille aînée » du Contrat Social, Saint Alexandre d’Écosse qui va prendre le relais. Après bien des difficultés, le 14 mars 1804, sous la présidence du docteur en médecine et en chirurgie Guillaume Burard, elle reprit force et vigueur sous le nom de Thémis et le 4 mai, sollicita une constitution « au rit moderne » auprès du GOdF, laquelle lui sera accordée le 28 juin. La loge du GOdF, « Thémis cy devant Saint Alexandre d’Écosse » n’apparaissait pas moins comme une loge écossaise irréductible, dans sa volonté de maintenir le flambeau des hauts grades écossais philosophiques.

Ce noyau aurait sans doute fait résipiscence sans le renfort inopiné des « Anciens » d’Amérique dont la figure emblématique était le ci-devant comte Alexandre de Grasse-Tilly (1765-1845), colon ruiné, naturalisé citoyen américain le 17 juin 1799, débarqué à Bordeaux le 4 juillet 1804, après avoir vécu chichement à Charleston après sa libération par les Britanniques quelques semaines plus tôt. Il était porteur d’une patente délivrée, le 21 février 1802, par le Suprême Conseil de Charleston, première institution en 33 grades, dont le « Manifeste » du 4 décembre 1802 annonçait son « ouverture » le 31 mai 1801. L’institution américaine autorisait l’aristocrate français à « constituer, établir et inspecter toutes les Loges[6], Chapitres, Conseils & Consistoires de l’Ordre royal et militaire de l’ancienne & moderne Franche Maçonnerie sur les deux hémisphères, conformément aux Grandes Constitutions »[7]. Arrivé à Paris, fin août 1804, il rejoignait son ancienne loge mère laquelle, sous la présidence de Joseph Louis Louvain de Pescheloche (1751-1805), s’était proclamée Mère Loge Écossaise de France sous le titre distinctif de Saint Alexandre d’Écosse le 22 août. Grasse-Tilly devint également vénérable de la loge Saint Napoléon, et dans le même temps, entre le 28 août et le 28 octobre 1804 , il élèva à divers grades du système de Charleston (du 13e au 33e) plusieurs maçons « écossais » notamment l’abbé Jean Joseph Bermond d’Alès d’Anduze, ancien chanoine-comte de Vienne, vicaire général honoraire d’Arras, Germain Hacquet, Frédéric Charles Joseph de Haupt, ancien chevalier de Malte, le colonel Godefroi, dit le prince de La Tour d’Auvergne (1770-1849), Joseph de Pescheloche, cité ci-dessus, Claude Antoine Thory (1759-1827), rentier, collectionneur, botaniste et Jean-Baptiste de Timbrune de Thiembronne (1757-1822), comte de Valence en 1808, futur sénateur le 1er février 1805. Pour cela, il « forma », au gré des besoins, un atelier « blanc », le Suprême Conseil de France[8]. Grasse-Tilly offrait ainsi aux «Écossais» de France une structure maçonnique solide en 33 grades et surtout un argumentaire « idéologique » fort et nouveau. A cet effet, il transposa en France, de manière totalement artificielle, la querelle, jusque-là inconnue, des Modernes et des Anciens. Il lui suffisait d’établir que le GOdF et le Rite Français formaient les Modernes et que les «Écossais» étaient les Anciens pour trouver à ces derniers une place et une légitimité dans l’espace maçonnique français. Un autre américain participera à cette « compilation » des rites écossais : Germain Hacquet (1756-1835), notaire à Port-au-Prince, ramènera l’autre rite écossais, d’origine française mais structuré et fixé aux Amériques, sur lequel s’était greffé le RÉAA (Rite Écossais, Ancien (et) Accepté), l’Ordre du Royal Secret, en 25 grades, mis en forme par le négociant français Etienne Morin (c. 1717-1771) et par le Néerlandais Henry Francken (c. 1720-1795). Arrivé à Paris avant Grasse-Tilly, Hacquet fondera les 19/20 septembre 1804, un Consistoire du 25ème (Prince de Royal Secret), dernier grade du Rite Écossais d’Hérédom, lequel se réunira trois fois en 1804. Hacquet et ses amis rejoindront ensuite la Grande Loge Générale Écossaise (GLGE).

La constitution de ce corps unique « écossais » reçut le renfort de quelques « malcontents » comme les loges « françaises » Les Elèves de Minerve ou le Cercle oriental des Philadelphes et son orateur Jean-Baptiste Pyron (1750-18181) qui se découvrirent un amour aussi ardent que subit pour l’« Écossisme ».

Si on se réfère au procès-verbal de sa première séance daté du 27 octobre 1804, c’est le 22 du même mois que le « Comité général et spécial[9] avait réuni […] les grands officiers de l’Ordre, les vénérables et Surveillants des sept loges régulières de Cet Orient [Paris], enfin les députés des dites loges afin d’ériger à perpétuité une Grande L.·. Général_Écossaise…» (GLGE). La grande maîtrise ad vitam fut offerte à Louis Bonaparte (1778-1846), Grasse-Tilly étant Représentant particulier du grand maître, le tout nouveau maréchal François Etienne Kellermann (1770-1835), fait 33e à une date inconnue, Grand Administrateur, Valence (voir ci-dessus) et Bernard Germain, futur comte (1808) de Lacépède (1756-1825) (fait 33e à une date inconnue), sénateur et grand chancelier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, Grands Administrateurs, Hacquet (déjà cité), Premier Grand Surveillant. Du 27 octobre au 5 décembre 1804, la GLGE se réunira à six reprises, toujours sous la présidence de Grasse-Tilly. Sept ateliers « français » la rejoindront. Au moment de sa dissolution, la GLGE comptait douze loges : les parisiennes, le Cercle Oriental des Philadelphes, le Choix des Hommes, le Grand Sphinx, le Phénix (Hacquet), Saint Alexandre d’Ecosse (Pescheloche), Saint Jean d’Ecosse des Amis Eprouvés, Saint Napoléon (Grasse-Tilly, Lacépède, Pyron), Le Temple des Muses (Pyron) et La Triple Unité [Ecossaise](Fondeviolle), et La Constance (Arras), La Réunion (Bergame) et Le Patriotisme (Versailles). Deux ateliers « écossais militants » n’y figuraient pas (oubli ?) : La Réunions des Etrangers, à Paris et L’Union, de Douai.

Durant ce trimestre, comment le nouveau corps unique « écossais » fonctionna-t-il au niveau cérémonial ? Avec prudence, on peut dire que chaque loge conserva son système particulier de hauts grades, le plus souvent le Rite Écossais Philosophique, ce dernier étant également adopté par les « nouveaux » ateliers « régularisés », affiliés ou constitués. Sans doute pour uniformiser le travail en loge bleue, la GLGE et/ou des loges et/ou des frères adoptèrent (plus ou moins) un rituel « unique ». C’est assurément le rôle que joua le Guide des Maçons Écossais ou Cahiers des trois grades symboliques du rit ancien et accepté[10]. D’auteur(s) inconnus[11], ce texte qui emprunte très largement aux « Three Distinck Knocks », rituel en usage dans les loges anglaises des « Antients », peut être désormais daté de 1804. En effet, il est à peu près identique au rituel manuscrit (c.1804)(48 pages) du 1er grade de la loge La Triple Unité Ecossaise, atelier de l’éphémère GLGE, présidée, lors de son intégration au GOdF, en 1805 par Fondeviolles. Dans le même temps, comme nous l’avons vu, Grasse-Tilly avait conféré des degrés du système de Charleston à divers maçons qui occupaient les principales fonctions au sein de la GLGE. Sans que le fait soit explicité, se met en place un parcours « écossais » unique se superposant, ou plutôt servant de « liant » aux divers systèmes écossais[12]. Ainsi Claude-Antoine Thory est terrible de Saint Alexandre d’Écosse (tableau du 25 septembre 1804), sans doute titulaire des hauts grades écossais philosophiques, Prince du Royal Secret & Député Grand Inspecteur [du système MorinFrancken], depuis le 28 septembre 1804 et « grand inspecteur membre du souverain conseil du 33ème à l’orient de France de la franche maçonnerie du Rite Ancien et Moderne » depuis le 12 octobre, grades attribués par Grasse-Tilly.

Inutile de revenir sur le contexte géopolitique (volonté impériale) qui présida à l’accord (le mot traité (d’union) n’y apparait jamais) du 3 décembre 1804, De la constitution générale de l’Ordre dit couramment Concordat[13]. Ce texte sera approuvé deux jours plus tard par le GOdF et par la GLGE, lors de la sixième séance du 5 décembre : « L’orateur entendu, la GLGE a déclaré approuver et ratifier tout ce qui a été fait par ses commissaires et qu’elle s’unit de ce jour au GODF pour ne former à l’avenir avec lui qu’un seul et même corps de maçonnerie ».

La cérémonie de « fusion » se déroulera, dans la foulée, dans la nuit du 5-6 décembre courant. Sans nous étendre sur cette nuit de noces durant laquelle Grasse-Tilly et Alexandre Louis Roëttiers de Montaleau (1748-1808), grand vénérable du GOdF se donnèrent le baiser Lamourette, examinons ce qui se trouvait dans la corbeille de la mariée. Le contrat de mariage essentiellement administratif visait, principalement, à intégrer, d’une part, les dignitaires de la GLGE dans l’organigramme du GOdF, d’autre part, le(s) système(s) écossais dans la structure du dit GOdF. Ainsi, était-il prévu que dorénavant, le GOdF posséderait « dans le Grand Chapitre général, le Grand Conseil du 32ème degré et le Sublime Conseil du 33ème», ce dernier ayant pour attributions « de s’occuper des plus hautes connaissances Mystiques, et d’en régler les travaux »[14]. La présence du dit Sublime Conseil du 33ème explique-t-elle la rédaction de l’article 5. En effet, le Suprême Conseil, simple « atelier blanc », n’était pas concerné par l’accord et rien dans le texte de décembre 1804 n’indiquait que le futur Sublime Conseil sera composé des Grands Inspecteurs Généraux consacrés par Grasse-Tilly[15]. L’article 5 soulignait cependant qu’il existait des maçons « écossais » porteurs d’un grade qui serait de facto le summum , le nec plus ultra de tous les systèmes écossais désormais fondu en un seul, le Rit Écossais Ancien et Accepté, expression qui apparaît pour la première fois dans un document officiel :

« Les respectables frères Lacépède, Hacquet, Godefroy de la Tour d’Auvergne, De Trogoff[16], Thory, Bailhache[17], etc…, membres de l’ancien rit écossais[18] ancien et accepté » sont proclamés « affiliés libres de toutes les loges et de tous les chapitres de France ».

Les Grands Inspecteurs Généraux obtenaient également le droit de siéger à l’Orient, mais à une place subalterne, lors des réunions du GOdF et celui, plus inattendu, de destituer tout grand officier de l’obédience sur plainte de sa loge. Certains (Bailhache, Fondeviolles,  Hacquet, Pyron, Thory), en guise de lot de consolation, étaient nommés Grands Officiers de deuxième classe du GOdF. L’ensemble du texte ne laissait qu’une portion congrue aux dignitaires écossais qui ne conservaient que l’administration et l’attribution des 32ème et des 33ème degrés.

Le 22 décembre, le Suprême Conseil fut constitué par doublement de ces membres. Il aurait ainsi compris : Grasse-Tilly (grand commandeur), Valence (1er lieutenant commandeur), Pyron (secrétaire du Saint Empire) remplaçant Vidal, Thory (trésorier), Hacquet (grand maître des cérémonies), Bailhache (capitaine des gardes), D’Alez d’Anduze, Antoine Challan[19] (1754-1831), tribun, de Haupt, Kellermann, Lacépède, La Tour d’Auvergne, Louvain de Fondeviolle, André Masséna (1758-1817), tout nouveau maréchal d’Empire, Bernardino Renier, noble vénitien et de Trogoff.

L’idylle fut de courte durée. Au printemps 1805 tandis que via Pyron qui n’hésita pas à tirer à lui le texte en parlant de concordat, la loge Saint Napoléon manifestait sa mauvaise humeur lors de sa tenue du 1er mars et que le GOdF n’avait toujours pas communiqué à ses loges et chapitres le texte du traité de 1804, les rapports se dégradèrent. Le GOdF décida la création d’un Grand Directoire des Rites le 21 mai et l’annonça à ses ateliers le 21 juillet. Cet organisme nouveau aux pouvoirs certes limités risquait fort de se substituer au Suprême Conseil. A cela s’ajouta le départ de Grasse-Tilly pour l’armée. Le 6 septembre, Pyron tenta de pousser à la rupture mais le 24 septembre, une réunion commune sous la présidence de Grasse-Tilly, rentré spécialement de Strasbourg, en décida autrement en décrétant que les grades à compter du 19e degré seraient conférés par le « Sublime Conseil du 33e degré ».

Qu’advint-ils des Écossais après la vraie/fausse rupture de septembre 1805 ? La quasi-totalité des loges bleues écossaises demeura au sein du GOdF. De nouvelles furent constituées en son sein. En 1811, le GOdF comptait 19 loges[20] travaillant au REAA sans compter 8 autres qui cumulaient deux rites ou plus. Quant au Suprême Conseil, dont la véritable première tenue officielle date du 20 juillet 1805, après un long silence durant le 1er semestre 1806, il choisit, comme grand commandeur, lors des séances du 8 juillet et du 13 août 1806, le prince-archichancelier de l’Empire Jean Jacques de Cambacérès (1753-1824), par ailleurs grand maître adjoint du GOdF, réalisant ainsi, ad personam, une sorte d’union libre avec le GOdF. Sous l’Empire, il tenta avec plus ou moins de bonheur d’établir son autorité sur l’ensemble de la famille écossaise, mais il se heurta à l’opposition de la Mère Loge Ecossaise de Marseille. D’autres systèmes écossais manifestèrent leur indépendance, notamment le Rite Ecossais Philosophique avec Thory et l’Ordre Royal d’Ecosse de Heredom de Kilwinning de Mathéus, sans compter Hacquet qui voulait sauvegarder la spécificité du Rite de Perfection et les fidèles de Grasse-Tilly qui essayaient de faire reconnaître le Suprême Conseil pour les possessions françaises d’Amérique. En 1814-1815, une courte majorité de ses membres demeura fidèle au GOdF tandis que d’autres dont Grasse-Tilly suivaient, non sans se brouillaient entre eux, à nouveau la voie de l’autonomie.

But that’s another story.

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[1]     Cf. deux articles de référence : Pierre Mollier, Naissance et essor du REAA 1804-1826 , in Deux siècles de REAA en France, Paris, Dervy, 2004, p. 71-113 et Pierre Noël, Les gardes bleus du REAA. Genèse et développement, in Acta Macionica, Vol 12, Bruxelles, 2002, p. 25-118.

[2]     4 volumes, 1800-1803.

[3]     La démarche est appuyée par la Mère Loge de Marseille et par le Chapitre souché sur la loge l’Ardente Amitié, de l’Ordre Royal d’Écosse d’Hérédom de Kilwinning, fondé par Jean Mathéus (1754-1823).

[4]     La maçonnerie française d’Ancien régime, héritière de la Grande Loge de Londres (plus tard qualifiée des  Modernes) ignorera complètement le « schisme » anglais de 1750-1751, entre les Ancients et les Modernes.

[5]     La loge de Douai se rattachait également à l’Ordre Royal d’Écosse d’Hérédom de Kilwinning.

[6]     A noter 1°) que par cette patente de février 1802, le Suprême Conseil de Charleston autorise Grasse-Tilly à créer des loges bleues alors que la circulaire de décembre 1801 précisait que les « Maçons Sublimes ne procèdent jamais à des initiations aux degrés Bleus sans autorisation de droit accordée dans ce but par une Grande Loge… », 2°) qu’on y parle de « l’ancienne et moderne Franche-Maçonnerie » et non du REAA.

[7]     Le même texte énumère les grades dont Grasse-Tilly est porteur : «Maître &. Passé Ma^tre des Loges symboliques ; M. Secret ; M. Parfait ; Secrétaire Intime ; Prévôt & Juge ; Intendant des Bätimens ; M. Elu des 9 ; M. Elu des 15 ; Subl. CH. Elu ; Grand Maître Architecte Royal-Arche ; Gr. Elu, Parfait & Subl. Maçon ;Chev. D’Orient ou de l’épée ; Prince de Jérusalem ; Chev. d’Occident ; Chev. De l’Aigle & Souv. Prince Rose-Croix d’Hérédom ; Grand Pontife ; Maître ad vitam ; patriarche Noachite, Chevalier Prussien ; Prince du Liban, Grand M. Ecossais, Chev. De St-André, etc.etc.etc. ; Chef du Tabernacle ; Prince de Mercy ; Chev. Du Serpent d’Airain ; Commandeur du Temple ; Souverain Chev. Du Soleil, Prince Adepte ; H.K., Chevalier de l’Aigle blanc et noir & Souv. Grand Inspecteur Général et membre du Suprême Conseil du 33e degré.

Certifions aussi que notre susdit T.Ill.F. EST AUSSI Grand Commandeur à vie du Suprême Conseil des Isles françaises de l’Amérique…… »

[8]     Pendant plusieurs mois, le Suprême conseil est un simple atelier « de circonstance » qui procède à diverses augmentations de salaire, et non pas l’organisation sommitale d’une juridiction organisée. Le premier livre d’architecture retrouvé dans les archives de la Juridiction Sud des Etat-Unis montre que le procès-verbal de la première séance du dit conseil, en date du 22 décembre 1804, est une pièce intégrée postérieurement. La seconde séance se déroulera le 20 juillet 1805.

[9]     On peut voir derrière ce Comité la main de Grasse-Tilly et des premiers Grands Inspecteurs Généraux « créés » sur le sol français. Si l’on suit le discours prononcé le 23 janvier 1805, par Frédéric de Haupt, la Mère Loge Écossaise (Saint Alexandre) aurait adressé un « supplique » au « Suprême Conseil du 33ème degré, à l’effet d’obtenir de lui l’autorisation pour ériger un corps représentatif de la Maçonnerie Écossaise… ».

[10]             Guide des Maçons Ecossais à Edinbourg, 58**, présenté, expliqué et critiqué par Pierre Noël, avec une préface de Pierre Mollier, Paris, A l’Orient, 2006.

[11]    Grasse-Tilly, Hacquet et Jean-Pierre Mongruer de Fondeviolles, selon Pierre Noel, op. cit., p. 64-65.

[12]    Cf. la lettre du 22 janvier 1805 adressée au GODF par la loge La Réunion des Etrangers : « Nous continuerons à professer le Rite Écossais que nous avons toujours suivi, nous y joindrons seulement à l’avenir les formes du Rite ancien accepté ».

[13]    Ni ce mot, ni celui de traité ne sont utilisés.

[14]    La présence de ces deux ateliers montre, que semaine après semaine, les systèmes écossais se calent de plus en plus sur la pyramide de Charleston. Le Conseil du 32ème degré peut ainsi apparaître encore comme l’atelier ultime du système de Perfection (Morin-Francken), mais en même temps son grade sommital (Prince du Royal Secret = 25ème) est uniquement mentionné comme 32ème garde due système de Charleston.

[15]    Le Sublime Conseil sera composé des membres du Suprême Conseil-Grasse Tilly et de dignitaires du GODF que Grasse-Tilly avait élevé après l’accord comme Roettiers de Montaleau ou Challan.

[16]             César Guillaume de Trogoff de Coatalio.

[17]             Le capitaine Louis Charles Bailhache fut fait 33e le 8 octobre 1804.

[18]    Au demeurant, c’est la seule fois ou le mot écossais apparaît dans l’ensemble du texte.

[19]             En fait fait 33e le 29décembre avec Roëttiers de Montaleau.

[20]    Dont 14 à Paris, sur 91 loges de la capitale.

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