1907: Habibullah Khân fait franc-maçon à Calcutta

HabibullahNé à Samarkand, fils aîné de l’émir Abdur Rahman Khân (c.1844-1901) et de sa deuxième épouse Asal Begum (l’ancienne esclave oubzbek Gulzaz Bibi), Habibullah Khân (1872-1919) régna sur l’Afghanistan d’octobre 1901 à février 1919.

Lors de son avènement, le 15e émir d’Afghanistan avait reçu du Khân-I-Mullah, un Coran, des reliques du Prophète et un drapeau de la tombe d’un saint afghan, pour symboliser à la fois la source divine de son pouvoir et ses obligations religieuses. Comme émir (amir), il avait le droit exclusif de proclamer le djihâd, le contrôle des awqaf (donations perpétuelles pour une œuvre pieuse charitable) et la surveillance des mullahs. Il se montra bon musulman et reçu pour cela, en novembre 1902, le titre de Siraj ul Millat wa ud-din (Lumière de la Nation et de la Foi). Il essaya également de moderniser ses états (entre 4 à 6 000 000 habitants selon les sources).

Ses réformes se firent dans divers domaines mais trop souvent faute de moyens financiers, matériels et humains, elles furent circonscrites à la capitale Kaboul (کابل) et à ses environs. En 1901, la ville comptait 75 000 habitants, 80 mosquées, une quinzaine de caravansérails et plusieurs bazars. Prise et occupée par les Britanniques lors de la première guerre anglo-afghane (1839-1842), d’août 1839 à janvier 1842, puis à nouveau l’été/automne 1842 (les bazars furent incendiés sur ordre), reprise en juillet 1879 lors de la deuxième guerre anglo-afghane (1879-1880) et occupée à nouveau jusqu’en juillet 1880, la capitale avait dû subir plusieurs épidémies, le lent recul du commerce caravanier et divers dégâts et destructions liés aux guerres claniques, notamment celle de 1863/9 entre les trois fils de Dost Muhammad Khân (1793/1863), fondateur de la dynastie des Barakzaï qui régnera jusqu’en 1973 et émir d’Afghanistan de 1826 à 1839, puis de 1842 à 1863. En plein déclin, après le deuxième incendie des bazars en 1879, Kaboul fut réveillée par Abdur Rahman Khân dit l’émir de fer qui régnera de 1880 à 1901. Tout en guerroyant contre les ethnies et les tribus quasiment indépendantes, en essayant de briser le système clanique et en cherchant à s’attacher par la terreur ou par des prébendes, les chefs, notables et mullahs, Abdur Rahman entama diverses réformes. Il s’efforça de constituer une armée de métier (40 à 60 000 hommes enrégimentés, payés régulièrement et équipés d’armement moderne, principalement allemand). Il mit en place un exécutif central avec des bureaux spécialisés, créa une force de police (2 500 hommes) sous les ordres de Kotwâls (commissaires). Il nomma des juges provinciaux dont le rôle se révéla compliqué à cause de l’absence d’un Code pénal national, de l’omniprésence de la Charia appliquée dans les tribunaux urbains mis en place à partir de 1747 par Ahmad Shâh Durran (1722/72), premier pâdishah d’Afghanistan (1747/72), de l’existence de nombreuses jurisprudences locales (‘âdah’) et du code d’honneur coutumier pachtoun, le Pachtounwali. Abdur Rahman s’appliqua à se doter de revenus fixes et suffisants, notamment en imposant la roupie de Kaboul avec un atelier unique de frappe dans la capitale et en y développant plusieurs manufactures d’état. Le réseau routier, augmenté et entretenu par la corvée, demeura insuffisant et l’émir, par crainte d’invasion militaire, refusa la construction de voies ferrées. Un hôpital fut inauguré à Kaboul en 1896 mais le personnel se réduisait à une douzaine de médecins et d’infirmières occidentaux, l’immense majorité de la population continuant à consulter les hakîms (médecins traditionnels). Un collège technique avec  deux professeurs indiens fonctionna dans la capitale quelques saisons mais l’enseignement traditionnel coranique demeura exclusif. Abdur Rahman fera même construire une madrasa à Kaboul pour former les mirzâs (fonctionnaires). Abdur Rahman fit également restaurer le Bâla Hissâr (le Fort d’en-Haut), ancienne résidence du premier empereur Moghol Bâbur (1526/30), détruit par les Britanniques en 1880 et ordonna la construction d’un nouveau palais royal, l’Arg-é-Shâhi (la Citadelle du Roi), à partir de 1880, un petit palais privé (1892), devenu après agrandissement son mausolée où il repose, la résidence d’été de Bâgh-é Bâla (1893) et la mosquée Djâda-yé-Esteqlal (1893/7).

Habibullah Khân continua les timides réformes de son père en cherchant à les multiplier. Dès son avènement, l’émir lança, sous la direction de l’architecte britannique Christopher Finlayson, les travaux du palais Delkusha qui dureront jusqu’en 1903. En 1904, il fonda un Collège Royal militaire confié en 1907 à un Ottoman, le colonel Saïd Mahmoud Effendi, mais l’établissement n’avait que 80 élèves en 1910. La même année, sur le modèle de l’Aligarh College (près de Delhi), il créa la première école secondaire de garçons la Habibiya (High) School avec des enseignants indiens musulmans et des Afghans éduqués en Inde, mais à ses débuts, le niveau d’enseignement demeura modeste. Une petite bibliothèque publique y fut annexée. Néanmoins, une méthode d’alphabétisation et divers ouvrages de pédagogie furent rédigés par Sayyid Ahmad Kandahari [1]. En 1907 fut institué un bureau des manuels scolaires. En 1905, l’émir fit l’acquisition du premier véhicule automobile à rouler en Afghanistan, d’une caméra et d’un appareil photographique. Toute sa vie, il se montrera passionné de photographie et de voitures.

En 1906, Habibullah Khan fut invité à visiter l’Empire des Indes par Gilbert John Elliot-Murray-Kynynmound, 4e comte de Minto (1845-1914), ancien gouverneur général du Canada (1898-1904) et 17e vice-roi des Indes (1905-1910). En janvier 1907, l’émir fut reçu à Kandahar, puis en grande pompe à Agra, par le vice-roi et par Lord Horatio Kitchener (1850/1916), alors commandant en chef de l’armée des Indes (1902/9) et par ailleurs grand maître du district du Pendjab (Grande Loge Unie d’Angleterre).

Lors de cette visite aux Indes (première sortie hors de son royaume pour un souverain afghan), l’émir Habibullah Khân manifesta à son cicerone le lieutenant-colonel Sir Arthur Henry Mc Mahon (1862-1949), polyglotte, alors commissaire en chef du Baloutchistan et futur haut-commissaire en Egypte (1915/7), son intérêt pour l’Art royal. Compte tenu de la notoriété du candidat, Mc Mahon sollicita l’accord du grand maître Connaught et de Lord Kitchener. Le 2 3février 1907, le souverain fut fait maçon (aux trois degrés) par la loge Concordia n° 3102, sise à Calcutta, et présidée par le fonctionnaire de l’Indian Civil Service, Arthur William Dentith (1874-1957), en présence d’une centaine de frères dont Sir Charles Allen Lawson, chairman (maire) de la Calcutta Municipal Corporation, Sir Andrew Henderson Leith Fracer (1848-1919), lieutenant-gouverneur du Bengale (1903/8), Sir Robert Erskine Holland (1873-1965), administrateur colonial et cinéaste, le capitaine David MC Cay, professeur de physiologie au Medical College de Calcutta, Sir James Ronald Mc Donald (1862-1927), général commandant la Presidency Brigade (Calcutta) [2], Sir James (1865-1943), futur baron Meston (1919) [3], secrétaire du département des finances du gouvernement de l’Inde (1906-12) et le colonel (3rd Punjab Cavalry) Douglas Craven Phillot (1860-1930), ancien consul en Perse, secrétaire du Board of Examiners de l’Université de Calcutta [4].

L’émir ne parlant pas l’anglais, Mc Mahon comme second diacre traduisait la cérémonie en darsi. Le Coran sur lequel le néophyte prêta serment se trouve présentement dans la Masonic Library de Londres. Si l’on en croit Mac Mahon devenu secrétaire aux affaires étrangères auprès du gouvernement impérial indien (1911/4), poste où il négocia le tracé de la frontière entre l’Inde britannique et la Chine dite ligne Mc Mahon (1914), l’émir aurait, lors de leurs rencontres suivantes, manifesté le plus grand intérêt pour la franc-maçonnerie. Sa réception demeura secrète mais quelques semaines plus tard suite à des rumeurs, l’émir annonça publiquement et justifia sa réception ce qui provoqua un mouvement de protestation dans les milieux musulmans traditionnalistes, mais également une défiance de la part du principal intellectuel afghan du temps Mahmûd Tarzi (1865-1933), petit-neveu de Dost Muhammad Khân, à la fois érudit musulman, nationaliste afghan et réformateur moderniste [5]. Ce fut dans son journal, le premier publié en Afghanistan de 1911 à 1918, Sirâj al-Akhbâr, qu’il dénoncera la franc-maçonnerie qu’il nommait selon la terminologie persane farâmûshkhâna (maison de l’oubli) comme une société secrète, intrigante, mondaine, fourbe et impérialiste [6]. Néanmoins, une poignée d’Afghans se fera initiée à la suite de Sardâr Muhammad Usmân Khân [7], 32e fils de Sardâr [8] Said Muhammad Khân, d’une branche cadette de la famille royale. Ils seront huit en 1908 à la loge Bolan, sise à Quetta (Grande Loge d’Ecosse).  Il est possible qu’un autre quarteron d’Afghans se retrouvât  en loge.

De son voyage en Inde, le souverain afghan revint convaincu de la nécessité de continuer à moderniser le pays. Habibullah Khân procéda à une série de réformes dans le domaine militaire, scolaire, sanitaire, administratif et économique mais ces projets se heurtèrent à la fois au manque de moyens financiers et à l’opposition des forces de conservation sociale. Il ordonna la pose d’un pipe-line pour apporter de l’eau potable à Kaboul à partir d’une capture à Paghman, distance de 23 km, travaux conduits par l’ingénieur et architecte écossais James Miller, lequel construira également la tour de l’horloge (1911) du Palais Delkusha. La ligne téléphonique Kaboul/Jalalabad (150 km) fut mise en service en 1908. En 1910, le chantier de la première centrale hydroélectrique due à l’ingénieur américain A. C. Jewitt fut lancé. Le premier hôpital public, avec deux médecins turcs, un britannique, un dentiste américain et deux infirmières britanniques fut inauguré en 1913. Les employés des manufactures d’état destinées principalement à habiller et équiper l’armée afghane passèrent de quelques centaines d’employés (1901) à 5/6000 (1919). Le commerce avec l’Inde fut multiplié par quatre. Cependant par manque de capitaux publics et privés, à cause d’impôts insuffisants et aléatoires et d’une infrastructure étatique modeste et souvent corrompue, d’une médecine et d’une scolarisation minimes hors de Kaboul, des transports presque exclusivement par caravane animalière, d’une agriculture largement archaïque par manque de matériels et d’irrigation, les progrès furent modestes et souvent vécus comme des innovations « diaboliques ».

De plus l’Afghanistan était un enjeu géopolitique entre la Russie et le Royaume-Uni. La diplomatie de la première, après la guerre russo-japonaise (1904/5) perdue et les troubles révolutionnaires de 1905, fut moins active. Suite à l’accord anglo-russe de 1907, elle laissait le champ libre à Londres en Afghanistan qui devint un semi-protectorat britannique. A la veille du premier conflit mondial, l’émir Habibullah Khân s’attacha à maintenir ses bons rapports avec l’Empire des Indes, notamment en réprimant les actes de brigandage frontaliers. A la déclaration de guerre, il fit savoir au vice-roi depuis 1910, Lord Charles Hardinge (1858-1944), qu’il maintiendrait la neutralité de son pays. Cependant depuis plusieurs années, les diplomaties ottomanes et allemandes s’étaient intéressées à la Perse, au nationalisme indien naissant et à l’Afghanistan. Aussi divers leaders nationalistes indiens séjourneront à Kaboul dans le but de structurer leur mouvement et de rechercher l’appui d’Habibullah Khân. Le projet global était d’obtenir l’indépendance de l’Inde en s’alliant à l’Allemagne de « Hadj Wilhelm »[9], à l’Empire ottoman, à la Perse d’Ahmad Shah Qajar et à l’Afghanistan. Ainsi Maulana Ubaidullah Sindhi (1872/1944), un des dirigeants du Deobandi, mouvement indien sunnite hanafite revivaliste et antibritannique, installé dans la capitale afghane en octobre 1915, réussit à s’aboucher avec divers dignitaires afghans. En décembre, un gouvernement provisoire indien, présidé par le prince Mahendra Pratap Singh (1886/1879), fut constitué à Kaboul.

En effet depuis le début de la Grande Guerre, autant par panislamisme que par anglophobie, la plupart des Afghans, notamment les chefs tribaux et les mullahs étaient sympathisants de la cause islamo-turque. Après l’échec d’une première délégation en 1914, Berlin et Constantinople s’associèrent pour profiter de cette situation. Une deuxième mission germano-turque partit pour l’Afghanistan, via la Perse. Elle comprenait entre autres le lieutenant Oskar von Niedermayer (1885-1948), en mission officieuse au Moyen-Orient depuis 1912, futur général commandant de l’Ostlegionen (1941/44) et le conseiller de légation Werner von Hentig (1886-1984), futur directeur (1937/9) de l’Orientableilung au ministère des affaires étrangères du IIIe Reich et futur ambassadeur à Djakarta (1952/3), le commandant Mehmet Kâzim Orbay (1887-1964), futur chef d’état-major de l’armée turque (1944/6) et sénateur (1961) ainsi que deux dirigeants nationalistes indiens Abdul Maulavi Barkatullah (1854-1927) et Raja Mahendra Pratap (1886-1979), déjà cité, tous deux futurs animateurs du gouvernement provisoire indien évoqué ci-dessus. Partis de Constantinople début mai 1915, après bien des difficultés, les envoyés arrivèrent à Kaboul le 2 octobre. Pendant trois semaines, Habibullah Khân les fit lanterner tout en gardant des contacts avec Delhi. Enfin, ils furent reçus par l’émir le 26 octobre. Ils lui proposèrent 100 000 fusils Mauser, 300 pièces d’artillerie de montagne, l’envoi d’un contingent germano-turc de 20 000 hommes et 10 000 000 de livres Sterling. Habibullah ne fut pas insensible à cette offre mais ne montra pas son jeu.

Dans le même temps, la mission réussissait à s’allier avec les princes  Nasrullah Khan (1875-1920), nationaliste traditionnaliste anglophobe et Ghazi Amanullah Khan [10](1892-1960), nationaliste réformateur germanophile, frère et fils de l’émir. Elle fut également soutenue par le journal de Mahmud Tarzi. Finalement un projet d’accord secret germano-afghan fut mis au point le 24 janvier 1916. Les négociateurs télégraphièrent à Berlin que l’émir était prêt à appliquer le traité si le Reich lui fournissait les 20 000 hommes promis pour protéger la frontière russo-afghane et si le versement d’un million de livres sterling commençait à être honoré. Le 30 janvier, lors d’un durbar, conseil des grands du royaume, Habibullah Khân au lieu d’appeler au djihâd réaffirma publiquement la neutralité afghane. En effet, les revers militaires turcs et la mise sous tutelle de la Perse rendaient le projet d’expédition germano-turc difficilement réalisable. La frontière afghano-perse avait été bouclée progressivement à partir du printemps 1915 par un corps expéditionnaire britannique augmenté régulièrement dit Seistan Force. Les services secrets britanniques se montrèrent très actifs à Constantinople, au Caire, à Bagdad, au Pendjab, en Perse et à Kaboul. Le vice-roi, Lord Hardinge, par divers canaux notamment les maçons, maintenait le contact avec le souverain afghan qui reçut également une lettre personnelle d’amitié du roi et empereur George V. En février 1916, Lord Hardinge avait réuni à Peshawar, un grand Jirga, assemblée de 3000 chefs tribaux de la North West Frontier Province, qui par loyalisme, calcul, menaces ou subsides, affirmèrent leur volonté de rester fidèles à l’Empire britannique. L’émir Habibullah qui avait obtenu de Londres le doublement de l’allowance (allocation) qu’on lui versait depuis son avènement resta dans le giron britannique. Il déclara que la Turquie n’était pas un authentique état musulman et qu’il n’avait pas à obéir à une fatwa d’un calife illégitime. Il n’est pas exclu que les liens politico-diplomatico-maçonniques tissés lors de son voyage de 1907 n’eurent pas une certaine influence sur les choix royaux. La mission HentigNiedemayer quitta Kaboul bredouille le 21 mai 1916.

Cependant les problèmes soulevés persistèrent. La main de Londres était toujours omniprésente. De nombreux afghans réclamaient toujours l’indépendance totale. A la frontière nord, les premières mesures sociales et sociétales « positives » prises par les bolcheviks en Asie centrale montrèrent, en effet-miroir, la modestie du réformisme  royal. En février 1919, la demande d’Habibullah Khân d’avoir un siège à la conférence de la paix de Versailles, adressée au nouveau vice-roi Frédéric John N. Thesiger (1868-1933), 1er vicomte Chelmsford fut repoussée. Le 20
920f9ff0a5février 1919, lors d’une chasse dans la province luxuriante de Laghman, Habibullah Khân fut assassiné par un petit groupe de jeunes afghans nationalistes.

 

Extraits  du chapitre VI, Les maçonneries des états neutres, de l’ouvrage Hiram et Bellone? Franc-maçonnerie et Grande Guerre dans le monde (1914-1918), Paris, Dervy, à paraître courant 1916.

 

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[1]              En 1912, le Dar-al-Malimin, premier établissement de formation des maîtres fut inauguré tandis que l’année suivante voyait la création d’un ministère de l’éducation confié au fils aîné de l’émir, Inayatullah Khân (1888-1946). Le jeune prince fut également à l’origine de l’imprimerie nationale (Matbaa-é-Inayat). Après l’assassinat de son père, Inayatullah fit allégeance à son oncle Nasrullah Khân, émir pendant une semaine (21-28 février 1919), puis à son jeune frère Amanullah Khân, émir de février 1919 à janvier 1929 lequel abdiquera en sa faveur. Inayatullah Khân ne régnera que quatre jours avant de s’exiler à Kandahar, puis à Bombay et à Téhéran où il décèdera.

[2]              Affecté au Corps of Royal Engineers (1882), McDonald sera successivement lieutenant observateur en ballon aux Indes (1885), enquêteur pour la construction de la ligne ferroviaire de l’Ouganda (1891/2), chef d’une expédition militaire sur le Nil (1897/9), responsable des ballons et des transports ferroviaires pendant l’expédition de Pékin (1900), chef d’une mission militaire au Tibet (1903/4) et général commandant à l’île Maurice jusqu’en 1912.

[3]              Lieutenant-gouverneur d’Agra et d’Oudh (1912/8), Lord Meston deviendra pair du Royaume-Uni (1919), concepteur et premier président (1920/6) du Royal Institute of International Affairs (Chatam House), ONG chargée d’analyser les grands problèmes géopolitiques internationaux, vice-président de la commission de surveillance de la SDN, président de la Royal Statistical Society (1932-1934) et président de la Liberal Party Organisation (1936/43).

[4]              Cf. Arthur Henry McMahon, An Account of the Entry of H. M. Habibullah Khan Amir of Afghanistan into Freemasonry, Londres, Favil Press, Ltd., 1936 (1940); Londres, Silk Road Books and Photos, 2013 & Thierry Zarcone, Le croissant et le compas, Paris, Dervy, 2015, p. 87/9.

[5]              Exilé avec sa famille en 1881, voyageur, polyglotte (pachtoun, dari, ourdou, turc, arabe, anglais & français), érudit, poète, traducteur de Jules Verne, Tarzî retourna dans son pays en 1901 où il eut rapidement l’oreille d’Habibullah Khân. Néanmoins, il n’hésita pas à le critiquer et à l’inviter à moderniser et à démocratiser son pays. Malgré cette attitude, sa fille Soraya (1899/1968) épousa un des fils d’Habibullah Khân, Amanullah khân, souverain d’Afghanistan de 1919 à 1929. Son gendre le nomma ministre des affaires (1919 & 1924/7) et ambassadeur à Londres, puis à Paris. Il négocia la paix avec le Royaume-Uni et l’indépendance de l’Afghanistan après la troisième guerre anglo-afghane.

[6]              Cf. Thierry Zarcone, op. cit., p.  89.

[7]              Encore que… Si l’on en croit le volume 3 couvrant la période 1880-1896 du Siraj al-Tawarikh commandé par Habibullah Khân et écrit par Fayz Muhammad Khân (c. 1862-1931), puis traduit en anglais par les professeurs Robert Mc Chesney et Mohammad Mehdi Khorrami, The History of Afghanistan, Londres, Brill, 2012, p. 2145, on compte 20 Muhammad ‘Usmân Khân différents.

[8]              En Afghanistan, titre donné à des notables aristocrates ou à des chefs de tribus. Des Balkans à l’Inde, le titre peut avoir des significations un tantinet différentes (grades militaires, titres princiers, ministres, hauts fonctionnaires, chefs tribaux, simples nobles, etc…)

[9] Surnom gagné par le kaiser Guillaume II après son voyage d’un mois dans l’empire ottoman (1898) et ses manifestations « philoislamistes », la rumeur (fausse) courant même de sa conversion à l’islam.

[10]             Après l’assassinat de son frère, Nasrullah sera émir nominal (21-28 février 1919) à Jalalabad avant d’être renversé par son neveu Ghazi Amanullah (1892-1960) qui le fera assassiner en mai 1920. Emir de mars 1919 à janvier 1929, le nouvel souverain jugé trop réformateur moderniste sera renversé par une révolte des forces traditionnalistes et conservatrices conduites par le Tadjik Habidullah Ghazi qui se proclamera émir (janvier-octobre 1929) avant d’être renversé à son tour par Mohammad Nadir shah (1880-1933), cousin des précédents qui régnera de 1929 à 1933.

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