GEOPOLITIQUE DES ANCIENS ET DES MODERNES DURANT LA REVOLUTION AMERICAINE (REGARDS EXTERIEURS DECALES)  

 

Quelques remarques introductives décalées mais qui nous ramèneront au sujet

Existe-t-il une manière d’être, une allure générale, une disposition d’esprit, voire plusieurs, bref un habitus à la manière de Bourdieu…maçonnique ?

Quand on écrit le frère George Washington, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Certes le héros de l’indépendance des Etats-Unis était maçon !

Fait maçon le 4 novembre 1752 dans la loge de Fredericksburg (Virginie), compagnon le 3 mars 1753 et maître le 4 août, il se déclara lui-même peu assidu comme le montre sa lettre au Révérend George Washington Sydner du 25 septembre 1798. En 1777, il déclina l’offre d’être grand maître de la Grande Loge de Virginie.

Mais il était tout autant (parfois moins ! parfois plus !),  simultanément, concomitamment, successivement, contradictoirement, dialectiquement, intensément, légèrement et de bien d’autres manières, le fils de Mary Ball (1708-1789), his Revered Mother, et d’Augustine Washington Senior(1694-1743), donc orphelin à onze ans, l’aîné d’une fratrie de six, doté également de quatre demi-frères et sœurs, l’élève d’un précepteur privé, le complexé pour n’avoir point fait d’études secondaires et supérieures, la victime de la variole, le spécialiste de l’arpentage, le colonel du 1er régiment de Virginie, le militaire courageux de la bataille de la Monongaleha (9 juillet 1755) où trois chevaux furent tués sous lui et son manteau percé de quatre balles, l’époux de devoir plus que de cœur de Martha Dandridge Curtis (1731-1802), Lady Washington qui le plus souvent menait les affaires du couples, l’infertile sine prole, l’agronome-éleveur, « père des mulets américains », le vainqueur de Yorktown (28 septembre/19 octobre 1781), le premier président des Etats-Unis, l’homme de grande taille, celui qui n’avait plus qu’une dent à lui en 1789, le consommateur de laudanum, l’amateur de courses de chevaux, de jeux de cartes et de billard, l’épiscopalien buissonnier, le bibliste débonnaire et tolérant, le riche planteur de Mount Vernon, le propriétaire d’esclaves, l’amateur de beagles et bien d’autres choses encore, c’est-à-dire tout à la fois des attitudes communes à des milliers de gens et des traits totalement particuliers, bref tout ce qui forme une personnalité, une individualité dans son incommensurable personnalité. Il y a donc peu de probabilité que le frère George Washington ait été maçon vingt-quatre heures par jour, trois cent soixante-cinq jours par an. Il n’en a été pas moins maçon…à diverses heures.

Collectivement, on pourrait faire la même analyse avec LES maçons, en oubliant que le peuple des loges n’est ni homogène, ni constant, ni linéaire, ni simpliste. Les maçons s’insinuent dans la cité un peu, beaucoup, passionnément et parfois (souvent ?) pas du tout, très rarement en bloc, souvent de manière opposée. LA franc-maçonnerie n’est pas un acteur social. Les maçons, des groupes et/ou des individus, oui, l’engagement maçonnique étant un des facteurs (plus ou moins prégnants) de leur action, voire de leur non-action, dans diverses postures. Il arrive quelquefois que la couleur apparente d’un conflit puisse laisser croire à conflit maçonnique étendu à la société globale. Ainsi des Yorkinos et des Escoses dans les décennies 1820/1830 au Mexique. Certes la majorité des dirigeants du Rite d’York était dans un camp tandis que celle du REAA se trouvait dans l’autre, mais d’une part tous les maçons ne participèrent pas à la guerre civile et ne choisirent pas leur bannière en fonction de la couleur de leur tablier, mais surtout les maçons ne constituaient qu’un petit pourcentage des bataillons rivaux. Il en fut de même pour la guerre d’indépendance des Etats-Unis (1773-1783). Une lecture rapide laisserait croire que les Anciens étaient des Patriotes et les Modernes, des Loyalistes : Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ?

Mais avant, il s’agit de planter rapidement le décor…

 

*** un futur état déjà vaste et encore peuplé…

 

La superficie des Treize Colonies était d’environ 870 000 km2. Vers 1770, la population totale s’élevait à environ 2,2 millions d’habitants, hors Amérindiens (2 500 000 vers 1780), soit une densité de 3 hab./km2. Depuis leur fondation, les colonies avaient connu une forte croissance démographique, liée à l’immigration et à une importante natalité.

Les principales villes étaient : Philadelphie (environ 45 000 habitants en 1780), New York (21 000), Boston (15 000), Baltimore & Charleston.

La population se présentait comme une société coloniale diversifiée, communautarisée & hiérarchie : à côté de la majorité d’origine britannique (40% d’Angleterre & 16% d’Ecosse ou d’Irlande) vivaient des « Allemands », des Suisses, des Néerlandais, des Scandinaves et des Français (10% environ), surtout dans les colonies du nord et du centre.

L’importance numérique des afro-américains était notable : entre 1750 et 1780, leur nombre est passé de 236 000 à 575 000 (700 000 en 1790). La plupart des Noirs se concentraient dans les colonies du Sud et étaient esclaves. Cependant, une petite minorité de Noirs affranchis vivaient dans les villes. Dans les limites du territoire américain de 1790, le nombre d’Amérindiens était évalué entre 100 000 et 200 000 individus.

 

*** Une maçonnerie jeune mais dynamique

** Premières loges dans la décennie 1730

** Début 1750, une cinquantaine de loges (1 à 2 000 maçons)…

** Début 1770, 100 loges & 4 000 maçons pour une population masculine adulte de 500 000 hommes dont 50 000 environ « susceptibles » d’entrer en franc-maçonnerie (ressources matérielles & culturelles).

** Fin 1780, 200 loges environ et 6/8 000 maçons.

  1. En 1800, il y avait onze grandes loges, 387 loges et 16 000 frères.

 

*** Une maçonnerie marquée par les querelles de la métropole :

 

1°) Les premières loges sur le continent nord-américain (% Modernes et Anciens dans chaque colonie dans la décennie 1780)

colonie 1ère loge moderne 1ère loge ancienne % Modernes % Anciens
Massachusetts 1733 1756 1/2   1/2  
Géorgie 1735 1784 1/2   1/2  
Caroline du Sud 1735/6 1764 25% 75%  
 
New Hampshire 1736 1780 1/2 1/2  
Virginie 1741 1755 1/2 1/2  
Pennsylvanie 1749/50 1758   100%  
Rhode Island 1749   100%    
Maryland 1750 1766   100%  
Connecticut 1750 1781 65% 35%  
New York 1753 1776 1/2 1/2  
Caroline du Nord 1754 1766 90% 10%  
New Jersey 1761 1767 1/2 1/2  
Delaware 1765 1769   100%  

 

2°) Les sept premières Grandes Loges provinciales (à la veille de la Révolution)

St John’s Provincial Grand Lodge of Pennsylvania (Philadelphie)(1731)

St John’s Provincial Grand Lodge (Boston)(1733)

Provincial Grand Lodge of North Carolina (1736)

Provincial Grand Lodge of South Carolina (Charleston) (1737)

Provincial Grand Lodge of New York (1738)

Après Daniel Coxe (1673/1739), grand maître provincial « pour les Etats de New York, du New Jersey et de Pennsylvanie (1730) et Henry Price, grand maître provincial «  de Nouvelle Angleterre … », la Grande Loge de Londres (des Modernes) nomma vingt-deux autres grands maîtres provinciaux.

Provincial Grand Lodge of Nova Scotia (GL of Ancients) (Halifax) (1756)

Antient Provincial Grand Lodge of Pennsylvania (1761)

St Andrews Provincial Grand Lodge of Massachusetts (Boston)(1769)

La Grande Loge des Anciens nomma six grands maîtres provinciaux, et la Grande Loge d’Ecosse, quatre.

NB : la Grand Lodge of Ancients, Free and Accepted Masons of Virginia (1778) fut la première obédience nord-américaine à se proclamer  indépendante.

 

3°) Des choix géopolitiques variés :

Quatre obédiences (toutes modernes) avaient des grands maîtres loyalistes : John Rowe/Massachusetts St John, William Allen/Pennsylvanie, John Johnson/New York & Edgerton Leigh/Caroline du Sud[1].

En face, à la tête de la Grande Loge St Andrew du Massachusetts, on trouvait des patriotes comme Joseph Warren, Joseph Webb & Paul Revere, à la direction de l’Antient Provincial Grand Lodge of Pennsylvania, William Ball (1729/1810), grand maître depuis 1764 ou Joseph Montford (Caroline du Nord).

 

*** Les Grands moments de la « Révolution américaine » (Guerre civile ? Guerre coloniale ? Révolution ?)

16 décembre 1773 : Boston Tea Party

Premier Congrès continental (septembre-octobre 1774

Première bataille de Lexington & Concord, à quelques kilomètres à l’ouest de Boston (19 avril 1775) : escarmouche favorable aux Insurgents (Patriots) .

Le 10 mai 1775, le jour de la prise du Fort Ticonderoga, par les Américains, se tint à Philadelphie, la première réunion du Second Congrès continental qui nomma Washington à la tête de l’Armée continentale le 15 juin suivant :

À Philadelphie, après de nombreux débats, le Congrès continental adopta la Déclaration d’indépendance le 4 juillet 1776, dont l’auteur principal était T. Jefferson.

*** traité d’alliance franco-américain signé le 6 février 1778 à Paris grâce à l’action diplomatique de Franklin. L’Espagne rejoignit l’alliance en mai 1779, suivie par les Provinces-Unies en 1780.

*** Mai 1780/septembre 1781 : victoires britanniques à Charleston (12 mai 1780) & à Camden (16 août 1780), américaines (King’s Mountain, 7 octobre 1780 & Eutaw Springs, 9 septembre 1781)

*** Victoire américaine de Yorktown (octobre 1781)

La Chambre des communes se prononça pour l’arrêt de la guerre le 27 février 1782 et le premier ministre Lord North donna sa démission le 20 mars.

Savannah fut évacuée par les troupes britanniques le 11 juillet 1782, Charleston le 14 décembre. Les négociations s’engagèrent avec la Grande-Bretagne et un traité préliminaire fut conclu le 30 novembre 1782.

Le traité de Paris signé le 3 septembre 1783 mettait officiellement fin aux hostilités et consacrait la reconnaissance officielle des États-Unis, dont la frontière était portée au fleuve Mississippi.

Le traité de Versailles (du même jour) régla les contentieux entre la Grande-Bretagne et les alliés européens de l’Amérique.

 

  1. La guerre dura plus de dix ans. Durent ces longs mois, des maçons changèrent de position, d’engagement, de camp, de loge. Certains s’éloignèrent de la maçonnerie, d’autres y furent admis. Tout ce turn-over rend tout classement « politico-maçonnique » aléatoire.

 

*** Du positionnement de divers acteurs (maçons) de la Révolution américaine

L.=loyalistes P. :patriotes

*** loge moderne, *** loge ancienne

 

1°) personnalités diverses

  1. L. Allen William (1704-1780), président de la Cour suprême de Pennsylvanie (1750/74),***, deux fois grand maître provincial de Pennsylvanie°
  2. P. Barlow Joel (1755-1812), poète et diplomate, ***, futur grand maître du Connecticut (1818-1821)
  3. L. Bowles Augustus William (c.1763-1805), général, *** (1791), grand maître provincial pour les Nations Alliés des Creeks, des Cherokees, des Chichsaws & pour l’ensemble des nations indiennes d’Amérique
  4. P. Bradford Thomas (1745-1838), imprimeur official du Congrès, ***
  5. L. Brant Joseph (1742-1807), chef des Six Nations Indiennes, ***
  6. L. Bulkeley Richard (1717-1800), secrétaire de la province de Nouvelle-Ecosse (1758/92) ***

7. P. Bush Solomon (1753-1795), lieutenant-colonel (1779) ***

8. P. Clark Joel (1728-1776), lieutenant-colonel ***

9. P. Dickinson John (1732-1808), avocat, représentant de la Pennsylvanie & du Delaware aux différentes assemblées révolutionnaires, président (1781) du Delaware & de la Pennsylvanie (1782-5) ***

10. L. Franklin William (1731-1813), fils naturel de Benjamin, gouverneur du New Jersey (1762), brouillé avec son père, emprisonné par le Congrès continental, mais échangé comme prisonnier (1778), puis président d’une association de Loyalistes de NY, réconcilié plus ou moins avec son père (1785), puis avocat des Loyalistes spoliés par les Patriotes, ***

11. P. Fraunces (Frances ou Francis) Samuel (1722-1795), restaurateur célèbre & intendant de Washington *** (fin décennie 1780)

12. P. Gridley Richard (c. 1710/1796), ingénieur militaire, commandant de l’artillerie dans l’armée de Washington), ***, député grand maître de la Grande Loge Provinciale (1769) du Massachusetts

13. P. Hall Prince (c. 1735/1807), ***

14. L. Hamilton James (1710-1783), avocat, maire de Philadelphie (1745), gouverneur de la Pennsylvanie (1748) ***, grand maître de la Grande Loge de Pennsylvanie

15. L. Hamilton Robert (1753-1809), grand maître provincial adjoint du Canada (GL des Modernes)

16. P. Harnett Cornelius (1723-1781), président du congrès de Caroline du Nord (1776), deputy grand master provincial of and for America (1772-1776)

17. L. Harper Thomas (c.1735/1832), orfèvre, ***/*** 

18. P. Hays Moses Michael (1739/1805), assureur maritime, ***grand maître du Commonwealth of Massachusetts

19. Hiester Joseph (1752-1832), major général de la milice (1807-1810), cinquième gouverneur de la Pennsylvanie (1820), ***

20. L.Johnson Sir John (1742-1830), fils du suivant, ***, émigré au Canada

21. L. Johnson Sir William (1715-1774), père du précédent, premier pasteur noir de l’Eglise épiscopalienne, ***

22. P. Jones John Paul Jones (1747-1792), corsaire, ***/*** 

23. P. King Rufus (1755-1827), deux fois ambassadeur des Etats-Unis à Londres (1796-1803 & 1825/6), *** mais buissonnier ensuite…

24. P. Livingston Robert R (1746-1813), premier chancelier de l’Etat de New York (1777-1801), *** , 1er grand maître de la Loge de New York 25. Machin Thomas (1744-1816), ingénieur militaire, ***

26. P. Mercer James (1736-1793), avocat, représentant de la Virginie, ***, 1er grand maître de la Grande Loge de Virginie (1784/6)

27. P. Monroe James (1758-1831), futur président des EU (1817-1825), ***/*** 

28. P. Moses Isaac (c. 1742-1818)(New York), négociant, ***/*** 29. L. Moseley Isaac (1734-1806), fait maçon décennie 1790?

30. P. Nicholson James (1737-1804), capitaine marin/corsaire, ***/***

31. P. O’Brien Jeremiah, corsaire, ***

32. LOglethorpe James-Edward (1696-1785), brigadier général de l’armée britannique, ***

33. P. Otis James (1725-1783), magistrat, d’abord loyaliste, puis patriote, ***/*** 

34. P. Paine Robert Treat (1731-1814), attorney général du Massachusetts (1777), puis juge à la Cour Suprême, ***

35. P. Peale Charles Wilson (1741-1827), le peintre le plus célèbre de la révolution américaine, ***

36. P. Pelham Charles (1722-1809), maître de danse, ***

37. P. Pelham Peter Junior (1721-1805), organiste, compositeur, exécutant & enseignant, installé à Williamsburg (Virginie) ***

38. L. Peters Samuel (1735-1826), pasteur anglican, ***

39. P. Phillips (Phaibush/Faibush/Feibush) Jonas (1736-1803)(New York, puis Philadelphie), négociant ***

40. L. Price Henry (c. 1696/1780), grand maître provincial des Modernes 

41. Reed Joseph (1741-1785), avocat, administrateur général de l’armée continentale, ***

42. P. Revere Paul (1734-1818), un des héros de l’indépendance, *** 43. P. Ross John (1726-1800), mainteneur de la marine de Pennsylvanie, ***

44. P. Talbot Silas (1751-1813), corsaire, ***

45. P. Thomas Isaiah (1749-1831), imprimeur, grand maître du Massachusetts (1803/5 & 1809)

46. P. Trevett John (1747-1823), capitaine de la marine de guerre, ***

47. P. Warren John (1753-1815), médecin & chirurgien, grand maître de la Grande Loge du Massachusetts

48. P. Whipple Abraham (1733-1819), commodore, ***

49. P. Whipple William (1730-1785), son frère, capitaine marin, ***

 

2°) Généraux maçons de la guerre d’Indépendance

*Arnold Benedict (1741-1801)(Connecticut) ***

*Clinton James (1733-1812)(New York) ***

*Dayton Elias (New Jersey) ***

De Kalb Johann (1721/1780), franco-bavarois ?

*Frye Joseph (1712-1794)(Massachusetts) ***

*Gates Horatio (1727-1806) *** ?

*Gist Mordecai (Maryland), grand maître de la Caroline du Sud (1791)

*Glover John (Massachusetts), ***

*Greaton John (Massachusetts), ***/***

*Greene Nathanael (Rhode Island) ***?

*Hand Edward (Pennsylvanie) ***

Heath William ?

*Hogun James (Caroline Nord) ***

Howe Robert (Nord Caroline) ?

Irvine William (1741-1804)(Pennsylvanie) ?

*Knox Henry (Massachusetts) ***/***

*La Fayette, Gilbert, marquis de (1757-1834) ***

*Lincoln Benjamin (Massachusetts)(1733-1810) ***

*Maxwell William (New Jersey) ***

*Mercer Hugh (Virginie) *** / 2e grand maître (1784/6) de la Grande Loge de Virginie

*Morgan Daniel (Virginie) ?

* Moultrie James (Caroline du Sud) ***

*Muhlenberg Peter (Virginie) ***

*Nixon John (1727-1815)(Massachusetts) ***/***

*Parsons Samuel H (1739-1789)(Connecticut) ***

*Paterson James (1744-1808)(Massachusetts) ***

*Pulaski Casimir ?

*Putnam Israël (1717-1790)(Connecticut) ***

*Putnam Rufus (1738-1824) ***

Stirling, Lord William Alexander (1723-1783) ?

*Saint-Clair Arthur (1737-1818)(Pennsylvanie) ***

*Schuyler Philip  (New York) ?

* Smallwood William (Maryland) ?

*Stark John (1728-1822)(New Hampshire) ***

*Steuben, Friedrich (Frederick) ***/***

*Wilhelm Ludolf von (1730-1794) ***/***

*Sullivan John (New Hampshire) ***/1er  Grand Maître du New Hampshire, 1789-1790

*Summer Jehro Exum (1733-1785) (Caroline du Nord) ***

*Thompson William (Pennsylvanie) ***

*Varnum James M. (Rhode Island) ***/***

*Ward Artemas (Massachusetts) ?

*Washington George (Virginie) ***/***

*Wayne Anthony (Pennsylvanie) ?

*Weedon George (1734-1793) ***

*Williams Otho Holland (1749-1794) ***

*Woodford William (Virginie) (1734-1780) ***

*Wooster David (1711-1777) (Connecticut) ***

 

3°) Maçons signataires de la Déclaration d’indépendance (9 sur 56 signataires)

* William Ellery (First Lodge de Boston)

* Benjamin Franklin, grand maître de la Grande Loge de Pennsylvanie

*John Hancock (St Andrew’s Lodge depuis 1762, mais initié au Québec)

* Joseph Hewes (visiteur de l’Unanimity Lodge n° 7, sise à Edenton, Caroline du Nord, en décembre 1776)

* William Hooper, Hanover Lodge n° 21, de Masonborough, Caroline du Nord)

Thomas Jefferson ?

* Thomas McKean, visiteur de la Perseverance Lodge de Harrisburg (Pennsylvanie)(1781)

* Richard Stockton, membre fondateur de la St John Lodge (Princeton, New Jersey), en 1765

* George Walton, Solomon’s Lodge n° 1, sise à Savannah, Georgie)

* William Whipple, fait maçon en janvier 1752 à la St John’s Lodge n° 1, de Portsmouth (New Hampshire)

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Ceci posé, nous allons tenter (à partir d’un petit échantillonnage) d’appréhender le profil psycho-socio-culturel de divers acteurs de la Révolution américaine, qui ont tous la particularité d’avoir fréquenté plus ou moins les loges.

1°) «les BOSTONIENS»

NOM ROWE John HANCOCK John REVERE Paul WARREN Joseph
Date de naissance 1715 1737 1734 1741
Lieu de naissance Exeter (Angleterre) Braintree, à 16km de Boston Boston Roxbury (village voisin aujourd’hui annexé à Boston)
Origine familiale Famille de commerçants anglais Hérite de son oncle une des plus grosses fortunes de Boston Famille huguenote d’origine française Fermiers d’origine anglaise
religion Paroisse de Trinity Church (épiscopalien) Congrégationaliste (réformé) Paroisse de Christ Church (épiscopalien) Paroisse de Christ Church (épiscopalien)
études Etudes de droit à Harvard North Writting School de Boston, puis apprentissage chez son père orfèvre Etudes de médecine à Harvard
profession Négociant & armateur Négociant & armateur Orfèvre, graveur & fondeur Docteur en médecine & chirurgien
initiation 1740 à la St John Lodge de Boston

VM 1749

Affilé en 1762 à la St Andrews’Lodge de Boston Septembre 1760 à la St Andrews’Lodge de Boston

VM 1770, 1777/9 & 1780/82

1761 à la St Andrews’ Lodge

VM 1768/69

Fonctions maçonniques Grand maître de la St John Provincial Grand Lodge (1768/1787)

***  « insulté » lors des obsèques du grand maître Warren (1775)

***la GL des Anciens organise une procession maçonnique à son décès (1787)

Co-fondateur de la St Andrews Provincial Grand Lodge (1769) qui se proclame Massachusetts Grand Lodge of Ancients Masons (1772), indépendante en 1783

Vénérable fondateur de la Rising States Lodge (1783) (GLd’E)

Grand maître (1794/7) de la GL [unie en 1792]du Massachusetts(

Grand Maître provincial de la Nouvelle Angleterre  (GLd’E)(1769, puis d’Amérique du Nord en 1772)

Grand maître (1769/1775) & fondateur de la St Andrews Provincial Grand Lodge

Sons of Liberty *** ***
Green Dragon Tavern *** *** ***
Boston Caucus (Salutation Inn) *** ***
Boston Tea Party (16 décembre 1773) Propriétaire d’un des six navires, il soutient discrètement l’opération Soutient discrètement l’opération Inspirateur, sans doute participant Participe aux préparatifs
Bataille de Lexington et Concord (19 avril 1775) Réfugié à Lexington pour échapper à l’arrestation Revere’s Ride (18/19 avril 1775) Envoie Revere à Lexington, puis soigne les blessés de la bataille
onctions électives Représentant (député) au parlement du Massachusetts (1766)

Président du Congrès continental (1775/1780)

Gouverneur du Massachusetts (1780/5)

Président pro tempore du Congrès du Massachusetts (23 avril 1775)
Fonctions militaires Commandant de  Castle William Major général de l’armée du Massachusetts (14 juin 1775),
Lieu et date de décès Boston, 1787 Boston, 1793 Boston, 1818 Tué le 17 juin 1775  à la bataille de Bunker Hill

 

2°) « Les VIRGINIENS »

Nom WASHINGTON George MERCER James WOODFORD William
Date de naissance 1732 1736 1734
Lieu de naissance  (Virginie) Stafford (Virginie) Caroline County (Virginie)
Origine familiale Famille de planteurs aisés Famille de planteurs aisés Famille de planteurs aisés (père : major)
Religion Membre de l’église épiscopalienne, mais sans doute « déiste chrétien » Episcopalien Episcopalien
Etudes Ecole locale + précepteur

(Pas d’études supérieures)

William and Mary College + précepteurs Institutions privées + précepteurs
Profession Arpenteur (1749), colonel du régiment de Virginie (1755) avocat Capitaine dans le régiment de Virginie (1755)
Divers Mariée à la cousine germaine de G. Washington, Mary Thornton
Propriétaire des esclaves *** (une centaine dans la décennie 1770) *** ***
Initiation Fait maçon dans la Fredericksburg Lodge [n°4](GLd’E), le 4 novembre 1752

Compagnon (3 mars) & maître (4 août 1753)

Fait maçon dans la Fredericksburg Lodge (c. 1754)

C. & M. (décembre 1768)

VM 1777

Membre de la Fredericksburg Lodge mais peu actif

 

Fonctions maçonniques Décline la grande maitrise de la Grande Loge de Virginie (1777) 2e grand maître de la Grande Loge de Virginie (1784/6)
Société des Cincinnati Président (1783) *** ***
Fonctions militaires Commandant en chef (3 juillet 1775/23 décembre 1783) Officier dans l’armée britannique Lieutenant-colonel de la milice (1771)

Colonel du 2e régiment de Virginie (1775)

Brigadier général (1776)

Fonctions politiques Président de la République (30 avril 1789/4 mars 1797) Député à la House of Burgesses (assemblée coloniale de Virginie) 1762/76

Député au Continental Congress (1779)

Diverses fonctions Président du conseil d’administration de l’académie de Fredericksburg Juge de paix (1764-1775)
Décès 1799 1793 1780

 

3°) Quelques généraux de l’American Union Lodge

CLARK Joel PARSONS Samuel Holdens PUTNAM Israël PUTNAM Rufus (cousin germain du précédent) WILLIAMS Otto Holland
1728 1737 1717 1738 1749
Farmington (Connecticut) Lyme (Connecticut) Danvers (Massachusetts) Sutton (Massachusetts) Prince George (Maryland)
Famille d’agriculteurs et de commerçants Famille de notables juristes Famille de riches fermiers puritains Famille modeste (orphelin à sept ans) Famille d’origine galloise de petits employés
Episcopalien Episcopalien (revivaliste) Presbytérien (puritain) Presbytérien Episcopalien
Engagé très jeune Etudes supérieures à Harvard Volontaire dans la milice du Connecticut Volontaire dans l’armée dans l’armée provinciale du Connecticut (1759) Employé de bureau, engagé dans l’armée provinciale  du Maryland (1775)
Membre du comité de correspondance de New London, puis engagé dans la milice Commandant (1758), prisonnier des Amérindiens (1758) Commerçant à Baltimore
Fait maçon à la Hiram Lodge n° 1, sise à New Haven (Connecticut) Fait maçon, puis C. & M. dans l’AUL en 1776 Fait maçon dans une loge militaire britannique (1758) Fait maçon à lAUL (1779) dont il sera le vénérable en 1794, 1798 & 1800 Fait maçon à l’AUL, à Roxbury (Massachusetts) en 1776
colonel Colonel du 6e régiment du Connecticut (1776)t Colonel (1776) Colonel (1776)
Gravement  blessé à la bataille de Long Island (août 1776) Major général (1780) Général (1776) puis le N° de l’armée continentale derrière Washington Ingénieur général en chef de l’armée continentale  (1776) Brigadier général (1782)
Elu vénérable de l’American Union Lodge (AUL) février 1776), mais il ne peut occuper sa charge car il est prisonnier Affilié à la St John’s Lodge n° 2, sise à Middletown (Connecticut), en 1783 Visiteur de l’Hiram Lodge , sise à New Haven, puis de l’AUL Grand maître de la Grande Loge de l’Ohio (1808), mais il n’occupera pas la charge à cause de son grand âge
Directeur de l’Ohio Land Cy (1787) OLD WOLF PUT, à Pomfret (Connecticut) Se retire comme fermier dans le Massachusetts, puis devint le “père fondateur” de l’Etat de l’Ohio Trésorier national de la Société des Cincinnati (1783)
Décédé en prison en 1776 1780 1790 1824 1794

 

On constate ainsi que plus on multiplie les facettes de lectures géographiques, religieuses, politiques, culturelles, psychologiques, sociales, économiques et militaires, plus la division des maçons entre Modernes et Anciens apparait comme secondaire. En fonction de leurs origines, les maçons forment des groupes géo-socio-culturels homogènes dans lesquels les choix relèvent autant d’options personnels que d’habitus. Rien ne ressemble plus à un planteur virginien qu’un autre planteur virginien, maçon ou pas. Il en est de même des négociants et professions libérales bostoniens. Inversement, la loge militaire de l’American Union Lodge unifiera des maçons venus d’horizons différents.

 

  1. Il va sans dire qu’en métropole, Anciens et Modernes étaient pour le maintien des liens avec les Treize Colonies.

 

Epilogue (très provisoire)

Avec la fin de la guerre d’indépendance et l’Union de 1813 (Modernes et Anciens), les obédiences des divers états de l’Union fusionneront. Selon la prépondérance du courant, elles se dirent Ancien Free Masons (Caroline du sud) ou Ancien, Free and Accepeted (Virginie) (prépondérance ancienne) ou Free and Accepted Masons (New York) (dominante moderne).

Cependant le contexte donna naissance à des rituels de type ancien. Le travail d’unification des divers corps maçonniques nord-américains doit beaucoup à Thomas Smith Webb (1771-1819), grand commandeur (Chevaliers Templiers de Saint Jean) du Massachusetts et du Rhode Island (1805/1817) et grand maître de la Grande Loge du Rhode Island (1813 :1815). Il est l’auteur de The Freemason’s Monitor : Or, illustrations of Masonry : in two Parts (Albany, New York, Spencer & Webb, 1797). A travers les éditions successives c’est codifié une franc-maçonnerie d’esprit opératif, fortement spirituelle, souvent de référence chrétienne, source du Rite d’York.

Le système fut fixé lors des convents de Baltimore (mars 1842 & mai 1843). Néanmoins aujourd’hui, dans les diverses obédiences et d’une loge à l’autre, on peut trouver des variantes notables. Quelques loges anciennes et la Grande Loge de Pennsylvanie ont conservé leurs rituels d’origine.

[1] Rowe eut des rapports très difficiles avec la Grande Loge ancienne(patriote) de Boston. John Johnson s’enfuit au Canada afin de diriger les troupes britanniques contre New York. Edgerton Leigh se réfugia en métropole, tout comme William Allen en 1774, avant de retourner dans sa propriété pennsylvanienne de Mount Airy en 1779.

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