La jeunesse de Charles. 1830 : La décennie romantico-utopiste.

L’adolescence et la jeunesse de Charles se déroulent durant le temps des prophètes. Tandis que son père fait fructifier le capital familial par le négoce, son fils, ni «bousingot »[1], ni jeune-France[2], folâtre entre les courants ésotériques, les groupes religieux neo-chrétiens, les opposants radicaux à la monarchie de Juillet[3] et les diverses utopies du temps.

Cependant le jeune Charles ne sera jamais un étudiant romantique, d’abord parce qu’il ne fera pas d’études supérieures, ensuite parce que la «pureté » de ses mœurs le détourne du mode de vie des étudiants du temps : grisettes[4] ou lorettes[5], «mariage au XIIIème »[6], jeux, boissons, tapages, bals, carnaval, billard et duels

Enfin, il faut bien vivre. C’est par nécessité que Charles est conduit à la direction d’une maison de commerce Olive & fils fondé par un sien oncle maternel. Assurément, l’entreprise n’est guère sa vocation. Il semble néanmoins y faire preuve d’un certain talent. En effet, lorsqu’il abandonne, en 1845, l’affaire à son beau-frère, Félix Verdier[7], il disposera d’une fortune suffisante pour se déclarer «rentier philanthrope » et pour supporter une série de déboires financiers dans ses diverses tentatives pour créer un organe de presse exprimant ses idées[8].

Cependant, Charles Fauvety restera marqué par les doctrines de l’âge romantique et conservera peu ou prou quelques idées-forces des décennies 1820 à 1840 :

– une doctrine «globalisante » des fondements de la société, des lois de son existence et de son avenir est nécessaire au temps présent ;

– l’histoire humaine est une marche et un progrès.

– le progrès est à la fois un processus nécessaire et une «avancée volontaire vers le mieux »[9].

– l’idée de Progrès (Fortschritt), prise dans un sens absolu comme une sorte de nécessité universelle, est indissociable de Dieu.

En effet «en dépit de la différence des doctrines, un fonds commun de pensée inspire toute l’époque : liberté, progrès, sainteté de l’idéal, dignité de la science, foi dans la Providence et religion de l’avenir humain sont des valeurs que tous, plus ou moins, admettent, que nul ne répudierait formellement… »[10] et que Charles Fauvety conservera toute sa vie, plus ou moins digérées, synthétisées et revisitées.

saint-simon-portraitSes premières recherches le conduisent vers les «nouveaux christianismes post-révolutionnaires »[11], et notamment vers le Nouveau Christianisme de Saint-Simon[12]. En réalité, Charles Fauvety est plus en contact avec les idées de ceux qui, sous le nom de saint-simoniens, se disent les continuateurs du «maître » et prétendent professer et répandre sa doctrine qu’ils ont sensiblement modifié qu’avec la pensée, au demeurant moins connue, du comte de Saint-Simon. Quelques idées de Saint-Simon seront conservées, digérées et reproduites par Fauvety, notamment l’urgence d’un nouveau savoir « sociologique »[13], la nécessité d’un nouveau mode d’organisation économique et social fondé sur la morale et la science[14], le non recours à la violence et l’urgence d’une religion nouvelle pour montrer, conduire et légitimer le monde nouveau[15]. Fauvety partage avec Saint-Simon, l’idée que les églises prétendues chrétiennes ont perdu le sens de leur mission : répondre aux besoins sociaux. La romaine s’est englué dans la théocratie, le cléricalisme, le dogmatisme et l’intolérance. La protestante, versus luthéranisme, a fait rétrograder le christianisme jusqu’à l’époque d’Augustin. Le «nouveau christianisme » s’exprime totalement dans la maxime «aimez-vous les uns  les autres ». Charles lit, cependant, plus souvent les textes de prédication[16] des saint-simoniens et la presse saint-simonienne (notamment Le Globe) que les œuvres de Saint-Simon lui-même. Il est ainsi plus sensible à la religiosité des disciples qu’à la spiritualité «froide » du philosophe. Ainsi, alors que Saint-Simon, dans son Nouveau Christianisme avait seulement ébauché un complément religieux de son positivisme, les disciples, tout en conservant les postulats «scientifiques » de la doctrine, entendent fonder sur la primauté du sentiment, une Église véritable, et sur une dogmatique nouvelle, un sacerdoce hiérarchisé. Charles Fauvety est touché par cette religion du cœur[17] comme le montre cet extrait saint-simonien qu’il cite souvent :

« Le Dieu que nous vous annonçons c’est celui que vous sentez en vous quand vos cœurs sont émus au récit d’une action généreuse, au spectacle d’un beau dévouement, à la vue de quelque être qui souffre et qui réclame votre appui. Enfin ce Dieu est celui qui a toujours récompensé, par les bénédictions de l’humanité toute entière, ceux qui l’avaient aimé comme il veut être aimé, qui l’avaient aimé dans sa belle manifestation, dans l’humanité. »[18]

Charles Fauvety semble avoir découvert les saint-simoniens lors d’une conférence, salle Taitbout, faite par le père Prosper Enfantin (1796-1864), lors de la «période créatrice de la religion saint-simonienne » (1828-1832)[19]. Il est sensible à l’apport religieux que le « Père » introduit dans le saint-simonisme, notamment son idée de métempsycose, niant la mort et la naissance au profit de multiples réincarnations d’une même âme éternelle.

Plus tard, dans la décennie 1840, Charles Fauvety, dans divers articles, redira sa sympathie envers Saint-Simon et les saint-simoniens. Présentement, déçu par la rupture entre Enfantin et l’autre « père », Saint-Amand Bazard (1791-1832) à l’automne 1831, et par l’atmosphère mystique et monacale du groupe de Ménilmontant (1832), Charles Fauvety refusera le voyage en Egypte, la colonisation en Algérie et réfutera l’« industrialisme » théocratique d’Enfantin, idée au demeurant en plein déclin[20]. Sous l’Empire, il conservera cependant des relations suivies avec de nombreux saint-simoniens comme Emile Barrault ou Adolphe Guéroult.

 

Charles Fauvety fréquente, après sa période saint-simonienne[21], les milieux cabétistes. C’est qu’en effet, Etienne Cabet (1788-1856) [22], n’est véritablement connu qu’après la parution de son roman utopique, Voyage en Icarie[23]. Comme chez les saint-simoniens, c’est l’idée d’une société globale légitimée par la religion qui séduit Fauvety. Dans divers ouvrages et articles[24], Cabet place la société idéale sous l’invocation de Jésus-Christ et du christianisme, moyennant une interprétation jacobinisante de l’Évangile. Pour l’auteur du Voyage en Icarie, il existe une pensée ésotérique de Jésus exprimée en allégories bibliques que seuls les «vrais » fidèles, et bien sur Cabet, ont compris. Il faut donc interpréter «les paraboles comme des allégories significatives jusque dans chaque détail »[25]. Comme Saint-Simon et Swedenborg, Etienne Cabet va permettre à Fauvety, d’effectuer la sortie des religions positives (en l’occurrence, pour lui, le protestantisme), la justifier et le conduire vers un autre système religieux. Charles Fauvety retiendra qu’on peut combiner un Jésus communiste et un monothéisme « classique »». Cette relative simplicité de ses idées explique que, parmi les prophètes du socialisme, Cabet a connu un certain succès dans les milieux populaires, mais Fauvety exprimera son dédain pour les « pauvretés sentimentales » du communisme icarien. Surtout il est très réservé vis à vis du « totalitarisme » de l’Icarie, du « bon » (sic) dictateur Car, de l’uniformisation des esprits, de la pratique de l’eugénisme, des autodafés, de la censure, de la délation, du culte de la personnalité, de la logique égalitarisme et de la toute-puissance de l’État. On verra plus tard que Cabet, en revanche, influencera profondément le futur ami de Fauvety, Henri Carle, le créateur de l’Alliance religieuse universelle.

Cette sortie de la religion familiale sera également facilitée par la fréquentation de l’œuvre de Félicité de Lamennais (1782-1854), que lui fera découvrir son futur ami Alphonse Constant. Fauvety a sans doute été interpellé par la tentative, dans les années 1832-1833, du prêtre malouin de catholiciser le libéralisme afin de régénérer le catholicisme, mais c’est à partir de la parution des Paroles d’un croyant (1834) et du Livre du Peuple (1839) que Fauvety s’intéresse à Lamennais. Il est très influencé par la sécularisation progressive du « joachimisme mennaisien »[26] qui conduit l’ancien directeur de l‘Avenir d’un ultramontanisme libéral à une philosophie religieuse vouée à l’émancipation du peuple[27].

1009420-Charles_FourierMais c’est l’influence de Charles Fourier (1772-1837)[28] qui sera la plus marquante sur le jeune Charles Fauvety. Il est vrai que, durant sa jeunesse de Charles, le fouriérisme a été grandement popularisé[29]. Fauvety a connu Fourier (au moins sa pensée et ses écrits[30]) de son vivant, puisqu’il dira plus tard avoir assisté «pieusement » aux obsèques du bisontin, au cimetière de Montmartre, le 11 octobre 1837. Fauvety avait quitté Saint-Simon pour Fourier d’autant plus facilement que d’autres saint-simoniens avaient fait le même chemin. C’est la conception de Dieu et la théorie de l’»attraction passionnée » qui passionnèrent le jeune gardois. C’est à la fin de 1798, que Fourier, selon ses dires, aurait eu «l’intuition profonde » de ce qui sera sa doctrine : le monde a été créé par Dieu, à la perfection. Il n’est qu’harmonie au niveau cosmique, humain, animal et végétal. Mais les humains se sont progressivement chargés de détruire ce divin équilibre. Fourier croit pouvoir restaurer cette harmonie. Comme Copernic, Galilée et Newton, le firent en astrophysique, Fourier pense découvrir les mécanismes des relations humaines qu’il nommera les «passions ». Il théorisera alors l‘«attraction passionnée ». En réalité, les idées scientifiques de Fourier sont plus proches de celles des scolastiques médiévaux que des savants «modernes » dont il se prétend le «continuateur ». C’est «aux scolastiques qu’il emprunte sa réflexion initiale sur les propriétés de Dieu et la nature de la Divine Providence. Le système de Fourier est tout entier fondé sur une foi inébranlable en l’existence d’un Dieu infiniment bon, infiniment sage et infiniment puissant. […] Dieu n’est pas pour Fourier un tel «cuistre », c’est un «grand géomètre » comme le Dieu de Voltaire et des déistes du XVIIIème siècle. C’est un Dieu qui est limité par les lois de l’univers avec lesquelles il forme un tout :

La nature est composée de trois principes éternels, incréés et indestructibles :

  1. Dieu ou l’Esprit, principe actif et moteur.

2.La Matière, principe passif et mu.

3.La Justice ou les Mathématiques, principe régulateur du Mouvement.

Pour établir l’harmonie entre les trois principes, il faut que Dieu en mouvant et modifiant la matière, s’accorde avec les mathématiques ; sans cela il serai arbitraire à ses propres yeux comme aux nôtres, en ce qu’il ne concorderait pas avec une justice certaine et indépendante de lui. Mais si Dieu se soumet aux règles mathématiques qu’il ne peut pas changer, il trouve dans cet accord sa gloire et son intérêt. »[31]

Le Dieu de Fourier n’est pas le créateur du monde, car la matière lui est contemporaine. Il l’a organisée, lui a donné forme, a établi les «plans » de l’univers selon les «règles mathématiques » [savoir l’attraction universelle et la «distribution sériaire »]. Enfin le Dieu de Fourier obéit à la loi de l’analogie universelle, selon laquelle le monde naturel est le miroir des passions humaines. « Rien, d’après cette loi, ne saurait relever de l’arbitraire dans les plans divins. L’univers est un système unifié, un réseau de correspondances cachées et de hiéroglyphes, dont chacun donne une image du conflit ou de l’harmonie des passions humaines. »[32] Même s’il récuse, plus tard, plusieurs fois, la cosmogonie fouriériste et son devenir salvateur, Charles Fauvety s’inspire du Dieu de Fourier et de sa théorie de l’analogie universelle. Cette conception analogique n’est pas propre à Fourier. L’idée que la nature serait un royaume d’allégories et de messages cachés est assez largement répandues à la fin du XVIIIème siècle[33]. Bien plus les cosmogonies chrétiennes médiévales et de la Renaissance pensent que tout ce qui est proprement humain trouve un écho ou une correspondance dans la nature et dans le Ciel. Cette idée d’un univers naturel reflet des pensées humaines remonte bien plus loin encore, jusqu’à l’antiquité gréco-latine. Qu’importe si Fourier ne revendique pas cette lignée ! Charles Fauvety lit Fourier à travers Swedenborg notamment. Comme le philosophe suédois, et avec la vogue spirite plus tard, Fauvety croit que la correspondance entre les mondes physique et spirituel est un moyen pour l’homme de communiquer avec l’au-delà. Pour Fourier comme pour Swedenborg, comme pour Balzac ou Nerval au demeurant, l’univers physique et la nature sont «une source de symboles où puiser la promesse d’un ordre idéal ». Charles Fauvety, conforté plus tard par son nouvel ami Alphonse Constant, auteur d’un poème sur les Correspondances[34] s’inscrit totalement dans cette perspective. Avant Baudelaire ou Rimbaud, il considère le monde naturel comme une «forêt de symboles » permettant à qui sait le lire d’entrevoir, par-delà la réalité existante, une nouvelle façon de vivre.

Fauvety empruntera également, en partie à Fourier, sa théorie de l’»attraction passionnée» :

« La première science que je découvris fut la théorie de l’attraction passionnée […] Je pensai des lors que l’attraction tant décriée par les philosophes était interprétée des vues de Dieu sur l’ordre social.

[…] Ainsi fut découverte une nouvelle science fixe : l’analogie des quatre mouvements, matériel, organique, animal et social, ou analogie des modifications de la matière avec la théorie mathématiques des passions et des animaux »[35].

À côté de la triade Dieu-Univers-Homme, Fourier, pour rendre compte du fonctionnement de l’univers, évoque « trois principes éternels, incréés et indestructibles : 1 ° Dieu ou l’Esprit, principe actif et moteur; 2° La Matière, principe passif et mû; 3 ° La Justice ou les Mathématiques, principe régulateur du mouvement. ». [36] Poussant plus loin cette théorie, Fauvety prétendra démontrer rationnellement et scientifiquement l’existence de Dieu, notamment par les mathématiques. Fauvety trouvera également dans le « panthéisme cosmogonique uniciste »[37] de Fourier des éléments de son futur système religieux :

« L’univers étant fait à l’image de Dieu, et l’homme étant miroir de l’Univers, il en résulte que l’homme, l’univers et Dieu sont identiques, et que le type de cette trinité est Dieu »[38]

Avec Fourier, Charles Fauvety confortera son refus d’une religion culpabilisante, d’un Dieu « bourreau » comme l’écrit Fourier et d’un ici-bas mortifiant. Pourtant Fauvety n’appartiendra jamais totalement au « petit troupeau » fouriériste. Il est notamment réservé sur la société phalanstérienne. Mais si Charles Fauvety rejette le fouriérisme, c’est à cause principalement de la théorie des passions selon laquelle ces dernières sont les agents du bonheur humain et de l’harmonie sociale, et des réflexions de Fourier sur l’amour et la sexualité. Et même si Le Nouveau monde amoureux n’est publié qu’en 1967, les aperçus aguichants sur la vie érotique des armées industrielles notamment dans la Théorie des quatre mouvements[39], déjà connues du temps de Fauvety, suffisent à détourner l’austère huguenot du philosophe franc-comtois.

 

Même si Charles Fauvety n’a jamais totalement adhéré à l’une des nouvelles doctrines que son temps mettait en circulation, il n’en a pas moins participé au mouvement général des décennies 1820-1840 à s’interroger sur le progrès et les destinées de l’humanité, en particulier sur diverses réformes sociales et morales souhaitables et sur les formes politiques de la cité et surtout sur le «projet d’une religion élargie selon le sentiment et l’imagination moderne. »[40] Charles Fauvety a ainsi participé, à une place certes modeste, à l’« humanitarisme romantique ». Attiré par beaucoup, séduit totalement par personne, il se gave des doctrines du temps, élaborant au coup par coup, son propre bric-à-brac « idéologique » .

 

[1]         « Nom donné après la révolution de juillet aux jeunes républicains qui avaient adopté le gilet à la Marat, les cheveux à la Robespierre et le chapeau en cuir bouilli des marins appelé boursingot ».

[2]         C’est sous l’appellation, Les Jeune-France, au sous-titre encore plus explicite, Romans goguenards, que l’écrivain Théophile Gautier publie en 1833 une série de récits caricaturaux de la bohème romantique dont il est lui-même un des représentants. Dans la décennie 1830, Théophile Gautier théorise s a conception de l’art pour l’art, de l’autonomie de l’art. Ce refus de soumettre l’art à toute exigence morale n’est guère prisée par Charles.

[3]         Quelques allusions dans des articles de Fauvety laisseraient sous-entendre qu’il est sensible à la figure dominante du mouvement étudiant, de l’automne 1830 au printemps 1831, issu d’une famille bourgeoise protestante comme lui, ancien enseignant de français en Suisse, étudiant à la faculté de droit de Paris depuis novembre 1830, Jules Théophile Sambuc (Toulouse,1804-Lausanne, 1834), fondateur de la Société pour la liberté, l’ordre et le progrès.

[4]         Grisette : jeune fille, au grand cœur, ouvrière ou employée dans le textile ou la confection souvent, vivant seule, souvent dans une mansarde, ni prostituée, ni femme entretenue, mais compagne souvent d’un étudiant, « elle se donne toujours et ne se vend jamais » (Louis Huart, Physiologie de la grisette, Paris, Aubert, 1841 ; vignettes de Gavarni, p. 47. Lorette : demi-mondaine : « race hybride, créatures impertinentes, beautés médiocres, demi-chair, demi-onguents, dont le boudoir est un comptoir où elles débitent des morceaux de leur cœur comme on ferait des tranches de rosbif » (Henri Murger, scènes de la bohême, Paris, Levy Frères, 1851, p.234).

[5]         Plus tard, dans les décennies 1870 et 1880, Charles et sa femme apporteront leur soutien à la croisade abolitionniste de Joséphine Butler et à la création à Genève, en septembre 1877, de la Fédération britannique et continentale pour l’Abolition de la Prostitution. Né à la fois en Angleterre et en suisse, ce courant prohibitionniste, en partie inspiré par un protestantisme évangélique mâtiné d’un féminisme ardent, reçut un écho favorable dans l’ultra-gauche de Dieu. Dans ce combat, les Fauvety retrouvent de nombreux protestants, des libres penseurs religieux, des féministes, des francs-maçons, des socialistes et des radicaux : Louis Blanc, Maria Deraismes, Armand Desprès, Jules Favre, le pasteur Adrien Gory, la comtesse de Gasparin, Yves Guyot, le grand rabbin Zadok Kahn, Edmond de Pressensé, Théodore Monod et son oncle Gustave, Frédéric Passy, Victor Schoelcher, Jules Simon, et des pasteurs baptistes et wesleyenne. Charles qui avait adhéré au Comité parisien pour le relèvement de la moralité publique, fondé en 1875 lors du premier séjour de J. Butler à Paris, en demeurera membre lorsque l’association se transformera en Ligue française pour le relèvement de la moralité publique. Sur ce point et pour élargir le , voir Alain Corbin, Les filles de noce. Misère sexuelle et prostitution, Paris, Aubier Montaigne, 1978 ; Flammarion, 1982 (2) ; Flammarion, 1995 (3).

[6]         Union libre ou concubinage notoire. L’expression date de l’époque où Paris n’avait que douze arrondissements.

[7]         Est-ce le propriétaire de la Maison d’Or, à Paris ? cf. G. Téraube, op. cit., p. 166 ?

[8]         On peut estimer, dans la décennie 1850, a environ 100 000-400 000 francs les biens immobiliers et les valeurs mobilières des Fauvety, soit une fortune « moyenne supérieure » (une grosse fortune étant estimée à au moins 500 000 francs, celle d’un boutiquier entre 2 000 et 20 000 francs). Cf. Les fortunes françaises au XIXe siècle, enquête dirigée par Adeline Daumard, Paris-La Haye, Mouton, 1973.

[9]         Bénichou Paul, op. cit., p. 9

[10]        Bénichou Paul, op. cit., p. 11

[11]        Desroches Henri, Les religions de contrebande, op. cit., p. 93-102.

[12]        Saint-Simon, Claude-Henri de Rouvroy, comte de (1760-1825), Nouveau christianisme : dialogues entre un conservateur et un novateur, Paris, Bossange père, A. Sautelet, 1825 ; idem et Les Ecrits sur la religion, choisis et présentés par Henri Desroches, Paris, Editions du Seuil, 1969.

[13]        Cf. Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains, Genève, 1802, d’après Barbier.

[14]        Cf. L’organisateur, Paris, Corréard, 1819-1820.

[15]        Cf. Le Nouveau Christianisme, op. cit.

[16]        Notamment l’Exposition de la doctrine de Saint-Simon, par H. Carnot, C. Duveyrier et H. Fournel (Paris, au bureau de l’organisation, 1828-1829, 2ème éd. 1830 ; 3ele éd. révisée par P. Enfantin, Paris, au bureau de l’organisation, 1831), Economie et Politique (Paris, bureau du Globe, 1831), de P. Enfantin.

[17]        Religion saint-simonienne, Recueil de prédications, 2 volumes, Paris, 1832 (Paris, 1831) et Religion saint-simonienne, par E. Barrault, M. Chevalier, C. Duveyrier et P. Enfantin.

[18]        Religion… , op. cit., prédication d’Abel Transon sur Saint-Simon, t.1, p. 515.

[19]        Bénichou Paul, op. cit., p. 135.

[20]        Fauvety critiquera notamment l’ouvrage (ou plutôt le recueil d’articles parus dans Le Globe), Religion saint-simonienne. Economie politique et économique,  cité ci-dessus.

[21]        Autant qu’on puisse reconstituer les «voyages » intellectuels et idéologiques du jeune Fauvety, il semble que notre gardois a d’abord été en contact, après la période «saint-simonisante », avec la pensée de Fourier, puis avec celle de Cabet. Après avoir hésité entre les deux, il adhérera à la première, avant de rompre avec le fouriérisme.

[22]        Cf. François Fourn, Etienne Cabet (1788-1856), une propagande républicaine, thèse de doctorat, Paris X Nanterre, 1996 ; Villeneuve d’Asq, Presses universitaires du septentrion, 1998.

[23]        Paris, J. Mamet, 1842.

[24]        Notamment dans un gros volume de près de 650 pages, Vrai christianisme suivant Jésus-Christ, (Paris, 1846 ), deux fois réimprimé jusqu’en 1850.

[25]        Bowman Frank Paul, op. cit., p. 208.

[26]        Sur ce sujet, voir Louis Le Guillou, l’évolution de la pensée religieuse de Félicité de Lamennais, Paris, A. Colin, 1965.

[27]        Voir notamment Esquisse d’une philosophie, Paris, Pagnerre, 1840-1846, Les Evangiles…avec des notes et des réflexions à la fin de chaque chapitre, Paris, chez l’auteur, 1846 et divers articles écrits entre 1848 et 1851, lorsque Lamennais est député montagnard de la Seine. Dans l’Esquisse, Fauvety trouvera une idée qui lui sera toujours chère : quand la foi sera légitimée par la science et que la science sera pénétrée par la foi, la (V)vérité capable de tout appréhender sera évidente à tous et pour tous.

[28]        Sur Fourier, voir notamment Debout Simone, L’utopie de Charles Fourier : l’illusion réelle, Paris, Payot, 1978 ; Les Presses du réel, «l’Écart absolu », 1998 ; Desroches Henri, La société festive : du fouriérisme écrit aux fouriérismes pratiqués, et surtout Beecher Jonathan, Fourier, le visionnaire et son monde, Paris, Fayard, 1996 (traduction en français de Charles Fourier, The Visionary and his World, University of California Press, 1986).

[29]        Le Chevalier Jules, Etudes sur la science sociale. Année 1832. Théorie de Charles Fourier, Paris, 1834 ; Considérant Victor, Destinée sociale, 3 vol., Paris, 1834-1844 (l’ouvrage de vulgarisation le plus solide et le plus lucide jamais écrit par un disciple) ; Renaud Hippolyte, Solidarité. Vue synthétique sur la doctrine de Charles Fourier, Paris, 1842.

[30]        D’autant que Charles Fourier, malade, à partir de 1834/1835, ne supportait personne auprès de lui. Il mourut seul, et volontairement seul, à la différence de Saint-Simon, décédé douze ans plutôt, entourés de nombreux disciples.

[31]        La Théorie des quatre Mouvements et des destinées générales. Prospectus et annonce de la découverte, (Lyon, Pelzin, 1808 ; avec Le nouveau monde amoureux, introduction et édition établie par Simone Debout-Oleskiewicz, Dijon, Les Presses du réel, 1998), formera le tome 1 de l’éditions des Œuvres complètes (Paris, bureaux de La Phalange, 1841-1845, 6 volumes). L’extrait est de l’édition de Paris (1846, t. 1, p. 30-31).

[32]        Beecher Jonathan, op. cit. , p. 355-357.

[33]        Cf. par exemple, Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Etudes de la nature, Paris, P.-F. Didot, 1784.

[34]        In Les Trois harmonies [autre thème fouriériste et swedenborgien], chansons et poésies, Paris, Paulier, 1845.

[35]        Fourier Charles, [Théorie…], Discours préliminaire, op. cit., p. 50.

[36]        Op. cit, p. 50.

[37]        Bordet Gaston, Fourier Charles, in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, t. 9, Les sciences religieuses, Paris, Beauchesne, 1996, p. 249.

[38]        Fourier Charles, Le Nouveau monde industriel et sociétaire, ou invention du procédé d’industrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées, Paris, 1829 ; 3eme éd., 1849, p. 527.

[39]        Cf. l’édition de Simone Debout-Oleszkiewicz avec introduction, suivie du Nouveau monde amoureux, Dijon, Les Presses du réel, 1998.

[40]        Benichou Paul, Les Mages, op. cit., p. 140.

 

Extraits du chapitre 1 : Genèse de l’ultra-gauche de Dieu et jeunesse de Charles.

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